Ortie

    Urtica dioïca

Certes, je ne vais pas vous conseiller de planter des orties parmi vos rosiers… encore qu’entre belles piquantes, peut-être se comprendraient-elles !

Probablement herbe alimentaire dans les temps préhistoriques, les qualités médicinales de l’ortie étaient connues des thérapeutes antiques.

Dioscoride préconisait l’ortie contre les saignements de nez (à l’époque on introduisait des feuilles d’ortie dans le nez).

Ses qualités « brûlantes » furent mises à profit par les légionnaires Romains pour se réchauffer, lors des nuits froides, au cours de campagnes dans les pays nordiques, et d’ailleurs son nom urtica vient du latin urere : brûler…

Hildegarde de Bingen et son époque reconnaissait une multitude de propriétés à cette plante, tant du point de vue médicinal qu’alimentaire. Au XVIe siècle, elle cessa de faire partie du quotidien d’une partie de l’Europe, cependant le succès de l’ortie n’a pas cessé dans les pays scandinaves et en Russie, ou production et cueillette restent importantes.

A partir de 1850, et pendant quelques décennies, en vain, les ingénieurs agronomes français essayèrent de relancer la culture de cette extraordinaire plante, aussi bonne pour les humains, que pour les animaux (fourrage pour le bétail)et les autres plantes !

Et puis, mode faisant, ou besoin de retrouver les goûts authentiques de la nature, l’ortie est de retour en fanfare : elle est la reine de salons et d’expositions qui lui sont consacrées en France et en Europe !

QUELQUES UTILISATIONS

 

AU JARDIN :

Si vraiment, vous avez beaucoup de place, vous pouvez cultiver cette fabuleuse plante : à semer au printemps ou à l’automne, ou à multiplier par division de stolons, ensuite plantés à 30 cm d’intervalle.

L’ortie pousse facilement, et à peu près toutes les expositions lui conviennent.

Peu difficile sur la qualité du sol, une terre riche et azotée est tout de même son «  plat » préféré !

Des orties récoltées dans la campagne peuvent simplement être ajoutées au tas de compost pour l’enrichir.

Après les avoir laissées faner 1 ou 2 jours, des poignées d’orties mises au fond du trou de plantation (fleurs et légumes) donneront force et vigueur aux végétaux plantés.

  PURIN D’ORTIES : Contre altises, courtilières, pucerons, araignées rouges et maladies cryptogamiques.

Cueillir tiges et feuilles avant la montée à graines.

Peser 900 g d’orties (coupées en morceaux) pour 10 l d’eau. Laisser macérer 15 jours dans un récipient bien fermé, à l’abri de la chaleur et de la lumière. Filtrer et diluer, 2 l pour un arrosoir de 13 l, pour arroser les pieds des plantes. Diluer à raison de 2,5 l pour 5 l à pulvériser sur les feuillages : dans ce cas filtrer très soigneusement (filtre à café en papier) pour ne pas boucher le pulvérisateur.

Cette préparation quelque peu odorante (mais, heureusement, cela s’estompe très vite) outre son action insecticide active la croissance des plantes, dans de bonnes conditions.

 

 USAGES MEDICINAUX :

Dépurative, diurétique, facilite l’élimination de l’acide urique, hémostatique, galactogène, tonique, anti-anémique, antirachitique, astringente, anti-infectieuse, l’ortie est aussi un bon draineur hépato-rénal.

Cette plante est utilisée pour le traitement des douleurs rhumatismales, lumbagos, sciatiques, pour nettoyer reins et foie, pour soigner l’anémie, le rachitisme,  redonner des forces aux fatigués et du lait aux mamans allaitant leurs bébés.

L’ortie existe en modernes gélules : pharmacies et magasins diététiques.

DANS LA MAISON :

Avec les racines, on obtient une teinture grise, jaune ou orangée suivant le mordant utilisé.

Dans quelques pays nordiques, l’ortie est encore utilisée pour fabriquer des cordes et cordages, mais aussi des vêtements : aspect du chanvre.

EN COSMETIQUE :

L’ortie est un bon désodorisant : utilisation de tisanes ou gélules pour les personnes ayant des odeurs corporelles fortes.

Cette grande piquante est également utilisée industriellement pour shampooings et produits cosmétiques.

 CÔTE CUISINE :

Jeunes tiges et feuilles fraîches se consomment comme les épinards : en légumes d’accompagnement, soupes, tartes et pâtés vert.

  SOUPE AUX ORTIES : Ne pas prendre les tiges à graines (dures et filandreuses) ; choisir les jeunes pousses tendres.

Environ 500 g d’orties fraîches, 2 belles pommes de terre, huile ou beurre, sel et poivre.

Faire fondre les orties dans la matière grasse choisie. Mouiller avec un litre d’eau. Cuire une demi-heure environ (ou 10 mn en cocotte mn).

Mixer ou passer au moulin à légumes.

Rectifier l’assaisonnement si nécessaire, et selon goût ajouter lait, crème fraîche, ou jaunes d’œufs.

Servir avec des croûtons frits.

 

Pour en finir avec les « urticantes », une citation, parfois encore, utilisée :

  JETER SON FROC AUX ORTIES, renoncer à faire partie d’une congrégation de moines, abandonner la carrière ecclésiastique, et par extension, quitter la profession que l’on avait embrassée.

 

 Accueil plantes ancient_next.gif

 

  © Copyryght 2005 Autourdesroses.com -  Tous droits protégés - Copie interdite